samedi 5 décembre 2009

OBSÈQUES, 36 ANS APRÈS, D'UN CHANTEUR VICTIME DE PINOCHET

Un cortège de plus de 3 000 personnes, arborant oeillets et drapeaux rouges, a accompagné le cercueil de Jara à travers le centre de Santiago vers le cimetière général de la capitale. L'artiste, enterré a la sauvette en 1973 une fois son corps récupéré secrètement par sa veuve, devait cette fois recevoir une digne inhumation, après une ultime cérémonie.

L'enterrement est le point culminant de trois jours d'hommage national au chanteur, qui ont mobilisé le monde des arts, de la culture, de la politique, mais aussi des milliers de Chiliens ordinaires, nostalgiques des ballades de Jara, un artiste engagé très populaire en Amérique latine au moment de sa mort, à 39 ans.

Cet hommage tardif fait suite à l'exhumation en juin de la dépouille pour des tests médico-légaux, dans l'espoir d'une avancée sur les circonstances de sa mort. Un ex-soldat âgé de 18 ans en 1973 a été inculpé en mai après des aveux partiels, mais il s'est rétracté et a été libéré sous caution.

La présidente socialiste Michelle Bachelet, s'associant vendredi aux hommages, a appelé à continuer de faire la lumière sur les victimes de la dictature de 1973-90, qui laissa plus de 3 100 morts ou disparus.

«Victor peut enfin reposer en paix après trente-six ans, mais beaucoup d'autres familles aimeraient» elles aussi pouvoir retrouver la paix et pour cette raison «il est important de poursuivre la quête de justice et de liberté», pour que le Chili puisse retrouver la paix, a-t-elle déclaré.

Arrêté dans les heures suivant le coup d'Etat du 11 septembre 1973 contre le président socialiste Salvador Allende, Victor Jara fut détenu dans le grand stade de Santiago avec quelque 5 000 personnes. Là, il fut frappé et torturé, ses doigts de guitariste brisés, avant d'être abattu à la mitraillette, avec d'autres détenus. Il était une des figures de proue d'un courant appelé «la nouvelle chanson populaire» en Amérique latine dans les années 1960-70.

vendredi 4 décembre 2009

« LA RÉSURRECTION DE VÍCTOR JARA »

Trois jours d'hommage au chanteur, poète et homme de théâtre, torturé et exécuté en 1973, aux premiers jours de la dictature d'Augusto Pinochet, ont débuté le 3 décembre. En juin dernier, sa dépouille mortelle avait été exhumée pour des tests médico-légaux, dans le cadre de l'enquête sur son assassinat. Cet hommage culminera le 5 décembre avec l'inhumation des restes du corps de l'artiste.

samedi 28 novembre 2009

Obsèques de Victor Jara

Le 4 juin de cette année, Víctor Jara a été exhumé en présence de Joan et de ses filles Amanda et Manuela, pour le déplacer par la suite à l'Institut médico-légal afin de réaliser les expertises correspondantes à l'éclaircissement de son meurtre.
Aujourd'hui nous voulons communiquer que Víctor sera rendu à sa famille, qui, avec la Fondation Víctor Jara a voulu accéder au souhait manifesté par de nombreuses personnes et organisations sociales de réaliser les obsèques de notre cher Víctor et de l'accompagner jusqu'au Cimetière Général où il restera définitivement.
Víctor restera deux jours dans la fondation qui porte son nom pour que son peuple bienaimé puisse lui dire adieu.
Les portes de la fondation seront ouvertes jeudi prochain, 3 décembre à 12.00 heures et se maintiendront ainsi sans interruption jusqu'à 10.00 heures le Samedi 5, heure à la quelle nous partirons en cortège au Cimetière Général.
Le meurtre de Víctor Jara reste impuni. Notre exigence de Vérité et de Justice est réaffirmée par la douleur qu'a signifié remuer sa tombe.
Nous demandons vérité et justice pour le cas de Víctor Jara, ainsi que pour chacun des Détenus Disparus et des Exécutés politiques de notre pays.
Le meurtre brutal de Víctor n'a pas empêché son exemple de vie et son legs de perdurer. Víctor continue à vivre au plus profond du cœur de son peuple.

Déclaration de la Fondation Víctor Jara sur les Obsèques de Victor Jara

Víctor Jara enterré comme il se doit


Tué en septembre 1973, quelques jours après le coup d'Etat de Pinochet, le cadavre du poète et chanteur Victor Jara avait été retrouvé criblé de balles. Il avait ensuite été enterré au Cimetière général de Santiago, tout comme Salvador Allende. Depuis, ses proches attendent de connaître la vérité sur son assassinat.
En juin 2009, la justice a décidé d'exhumer ses restes afin de fournir de nouveaux éléments aux enquêteurs. En 1973, seulement trois personnes avaient assisté à son enterrement, explique le journal. Il ajoute que tout sera cette fois bien différent.
La fondation Víctor Jara a choisi d'organiser à partir du 3 décembre trois journées de célébrations ininterrompues. Des concerts, des spectacles de danse, des lectures de poésie se succèderont dans un centre culturel. De là, partira un cortège, le 5 décembre, qui accompagnera la dépouille de Víctor Jara dans sa dernière demeure au Cimetière général.

vendredi 5 juin 2009

Les restes de Víctor Jara ont été exhumés

Le squelette de l'artiste a été sorti de son cercueil en présence de sa famille afin que soient récupérées deux balles logées dans son crâne. L'étude des projectiles permettra peut-être de dire de quelle arme ils proviennent et ainsi de remonter jusqu'au tireur, puis jusqu'aux commanditaires de l'exécution.

mercredi 3 juin 2009

mercredi 27 mai 2009

Chili: 35 ans après, un ex-soldat arrêté pour la mort du poète Victor Jara

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Victor Jara. Photo Archive Maison d'édition Zig-Zag

Jose Adolfo Paredes Marquez, un ex-soldat de 54 ans, a été placé en détention en tant "qu'auteur matériel du meurtre" de Jara, le 16 septembre 1973 dans un stade de Santiago, a déclaré à des journalistes le juge Juan Eduardo Fuentes, qui l'a entendu.

"Je suis innocent !" a lancé Paredes à la presse, avant d'être conduit à une prison haute sécurité. "Il faut aller chercher les hauts commandements, je n'étais qu'un gamin !"

Le juge n'a donné aucune indication sur d'éventuels commanditaires.

Jara, auteur-compositeur-interprète et homme de théâtre, était une des figures les plus connues du monde artistique et musical chilien à sa mort, à 39 ans. Il est devenu un symbole de la violence, dès les premières jours, de la dictature Pinochet (1973-90) qui fit plus de 3.000 morts et disparus.

Arrêté dans les heures suivant le putsch du 11 septembre, Jara fut conduit dans un stade où les militaires détenaient quelque 5.000 personnes. Là, il fut longuement frappé et torturé, ses doigts brisés à coups de crosse et de bottes, avant d'être abattu à la mitraillette, avec d'autres détenus.

La détention de Paredes est un revirement spectaculaire dans l'enquête, qui avait été close par le juge Fuentes en 2008 faute d'éléments probants, avec comme seul accusé potentiel l'officier en charge du stade à l'époque.

Elle avait été rouverte mi-2008 après l'appel de l'avocat de la veuve de Jara, la Britannique Joan Turner, qui a réagi mercredi dans la presse: "Il y a ici d'autres coupables. Ceux qui ont ordonné la torture et l'execution".