vendredi 11 janvier 2013

VICTOR JARA : LA JUSTICE DU CHILI OUVRE LES YEUX

COUVERTURE DU LIVRE « VICTOR JARA UN CHANT INACHEVÉ  » DE JOAN JARA, [BIOGRAPHIE]  EDITEUR : ADEN  PUBLICATION :15/9/2007 (1)


Membre du Parti communiste et symbole de l’Unité populaire, union de la gauche qui porta au pouvoir le socialiste Salvador Allende en 1970, Victor Jara est une des victimes du coup d’Etat dont la mort reste à ce jour impunie. Mais la justice chilienne vient de faire un pas décisif en inculpant huit militaires d’assassinat ou de complicité.

Rafale. Le 11 septembre 1973, Victor Jara était à l’université technique de Santiago, où il enseignait le théâtre. Barricadé avec les étudiants, il est arrêté le lendemain et emmené avec 600 prisonniers, non pas au Stade national, saturé, mais dans le plus modeste Estadio Chile, un gymnase couvert.

Les témoignages des survivants et d’un appelé du contingent ont permis de reconstituer les derniers jours du chanteur. Reconnu par les militaires, humilié et violemment battu, il meurt le 15 septembre, abattu par une rafale de fusil-mitrailleur. Parmi les corps entassés à la morgue, des employés reconnaissent celui de Jara et préviennent sa femme, Joan, d’origine anglaise. Qui le récupère et l’enterre. En 2009, après une longue bataille juridique, la justice accepte d’exhumer le corps. Le rapport médico-légal, qui recense 44 impacts de balles dont un coup de grâce dans la tête, est fondamental dans l’acte d’accusation.

Sur les huit inculpés, six sont en prison, dans l’attente du procès. Un autre est en hôpital psychiatrique, les experts devant décider si sa santé mentale est compatible avec une comparution. Le dernier, soupçonné d’être l’auteur du coup de grâce, était connu sous le surnom d’El Principe (le prince). Selon le juge d’instruction, il s’agit de Pedro Barrientos Núñez, lieutenant en retraite installé aux Etats-Unis. Un mandat d’arrêt international a été lancé contre lui. En avril dernier, une équipe de télévision chilienne l’a rencontré chez lui à Deltona, en Floride, où il vend des voitures. L’homme affirme n’avoir jamais mis les pieds à l’Estadio Chile.

Victor Jara n’eut pas les mains coupées, comme on ne l’apprit que des années plus tard. Joan Jara a raconté dans un livre (1) dans quel état elle trouva le corps de son mari à la morgue : «Criblé de balles, les mains non pas tranchées mais broyées.»

Mémoire. Outre Julos Beaucarne, de nombreux artistes (Gilles Servat, Calexico, U2…), ont évoqué Victor Jara. En France, des noms de rue, de médiathèque ou de MJC dans des municipalités de gauche perpétuent sa mémoire, mais ses disques sont rares et ses chansons, méconnues. Même la plus célèbre, Te recuerdo Amanda («je me souviens de toi, Amanda»), histoire d’amour sur fond d’usine en grève.

(1) «Victor Jara, un chant inachevé», éditions Aden, 2007, épuisé.

jeudi 3 janvier 2013

CHILI : ARRESTATIONS DE MILITAIRES DANS L'ENQUÊTE SUR LA MORT DE VICTOR JARA


La première plainte contre cet assassinat remonte à 1978. Mais l’armée a toujours refusé de donner les noms des militaires qui dirigeaient le stade, un stade alors transformé en prison et centre de torture pour 5000 militants de gauche.

Sur les quatre militaires à la retraite détenus, Hugo Sanchez a été mis en examen pour homicide et les trois autres pour complicité. Quatre autres militaires devraient les suivre. L’un d’eux, également mis en examen comme auteur du crime, vit en Floride, aux Etats-Unis. La justice va demander son extradition.

L’avocat de la famille Jara, Nelson Caucoto, se félicite des avancées de la justice mais avertit que le procès ne fait que commencer. Rien n’est encore gagné.

ARRESTATIONS AU CHILI DANS L'ENQUÊTE SUR LA MORT DE VICTOR JARA



Victor Jara, militant de gauche et auteur de célèbres chansons comme « Te recuerdo Amanda » ou « El derecho de vivir en paz », avait été arrêté par les putschistes à l'université technique de Santiago. Il avait été conduit dans le stade de la capitale chilienne qui porte aujourd'hui son nom et qui servait alors de centre de détention et de torture.


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EN FAMILLE VÍCTOR JARA, JOAN TURNER ET LEURS DEUX FILLES MANUELA ET AMANDA

Selon des témoignages, il a été torturé pendant plusieurs jours avant d'être abattu par ses gardiens le 16 septembre. Trois jours plus tard, son corps criblé de balles était retrouvé près d'un cimetière.

La famille du chanteur a salué les récentes décisions de la justice chilienne dans cette affaire. « Si le cas de Victor peut servir d'exemple, nous espérons que justice sera rendue, pour lui comme pour toutes les autres victimes  », a déclaré sa veuve, Joan Jara.

Pendant la dictature de Pinochet entre 1973 et 1990, 3.000 personnes ont été enlevées et assassinées. Vingt-huit mille autres ont été torturées mais ont survécu, comme l'ancienne présidente Michelle Bachelet.

Bureau de Santiago, Guy Kerivel pour le service français

samedi 29 décembre 2012

BANN FUNDACION






GRAFFITI VICTOR JARA


CHILI : HUIT EX-MILITAIRES INCARCÉRÉS POUR LE MEURTRE DE VICTOR JARA

Au cours de sa détention, le chanteur "a été reconnu par les militaires, séparé des autres prisonniers" et transféré vers les vestiaires où étaient installées des salles de torture où il a été constamment "agressé physiquement par plusieurs officiers", selon le compte-rendu d'enquête du juge.

"Le 16 septembre 1973", a été constatée la mort de M. Jara, dont le corps présentait au moins "44 impacts de balles".

En décembre 2009, des milliers de Chiliens avaient accompagné les obsèques officielles du chanteur, mort à 40 ans, qui avait été inhumé quasiment clandestinement en 1973 par sa veuve, la Britannique Joan Turner.

Entre 1973 et 1990, environ 3.000 personnes sont mortes ou ont disparu sous la dictature d'Augusto Pinochet, selon les organisations de défenses des droits de l'homme.


vendredi 4 février 2011

VEUVE DE VICTOR JARA APPELLE À ÉVITER DÉMANTÈLEMENT DE L’UNITÉ SPÉCIALISÉE EN DDHH

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Le sous-préfet Sandro Gaete, super flic à la tête de l’Unité spéciale chargée d’enquêter sur les crimes de la dictature au Chili. Il vient d’être muté à Puerto Aysén, 1.756 km au sud de Santiago, où il devra enquêter sur des délits écologiques
Suite au transfert impromptu du sous-préfet Sandro Gaete vers Puerto Aysén, petite ville de l’extrême Sud, les associations de défense des Droits de l’homme, parties civiles dans plusieurs procès en cours, ont déclaré que cette mesure signifie le démantèlement de l’unité spécialisée de la Police d’Investigation nationale (PDI), qui enquête sur les nombreux crimes commis sous la dictature de Pinochet, et impunis pour la plupart.
En effet, la nouvelle affectation du sous-préfet Gaete -à la tête de l’unité spéciale depuis 2005, expert des enquêtes complexes et ultrasensibles et qui en exhibe des succès retentissants-, s’accompagne d’autres mutations au sein de la cellule Droits de l’homme de la PDI.
Ses agents ont été dispersés dans des zones reculées du territoire et affectés à des tâches très éloignées de leurs fonctions d’origine.
Pour les organisations de défense des droits de l’homme, les familles des victimes et les rares parlementaires de gauche qui les épaulent, ces changements visent à affaiblir l’ensemble des recherches en cours, et apparaissent comme contradictoires au moment où le ministère public présente 726 nouvelles plaintes pour des cas de violations des Droits de l’homme.
Avec la veuve du chanteur martyr, un collectif d’associations de familles de victimes, des juristes et d’organisations citoyennes appellent à reconsidérer la mutation de Sandro Gaete, et exigent de le voir réintégrer l’équipe spécialisée de la Police, où il a fait preuve d’efficacité, d’indépendance et solidité face aux attaques et pressions de la puissante famille militaire.
Guy Desmurs .